Info : Le beau vocabulaire du tissage

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Chaque métier possède son dictionnaire de termes techniques compris par les seuls initiés et si on n'en saisit pas le sens immédiatement on peut être intéressé par la richesse et la beauté de ces mots précieux et particuliers. Je vous propose donc, de la matière première au tissu final, une courte évocation du beau vocabulaire que l'on rencontre dans le monde du textile. 

Commençons donc par le début

Avant le tissage, il faut la matière première, coton, chanvre, ou lin. Pour ce dernier par exemple, la plante lin arrivée à maturité est arrachée et non pas fauchée. Commence alors la période du rouissage c'est à dire le pourrissement en quelque sorte de la tige par l'action combinée du soleil et de la pluie. Autrefois le rouissage s'effectuait en rivière, on faisait tremper les bottes ce qui donnait à l'eau une belle couleur rousse mais une odeur insupportable ; cette pratique est désormais interdite pour des raisons environnementales évidentes.  De nos jours le rouissage se fait à même le champ, le lin est étendu sur le sol pendant plusieurs semaines et cette opération détermine la qualité de la fibre.

Photos : 1 - rouissage du lin - 2 - fleur de lin

rouissage du lin

fleur de lin

On procède ensuite au teillage qui est une opération mécanique consistant à séparer les graines des pailles. Le peignage a pour but d'éliminer tous les petits morceaux de paille restant et de littéralement peigner petit à petit toutes les fibres. Enfin la filature transforme les fibres en fil.

Puis les fils de lin sont montés sur le métier à tisser. La préparation des fils horizontaux dits de chaîne c'est le ourdissage, c'est à dire l'enroulement des fils sur l'ensouple - cylindre arrière sur lequel on enroule le fil de chaîne.

métier à tisser

Pour définir l'apparence d'un tissu, il faut déterminer son armure, c'est à dire la façon dont s'entrecroisent les fils de chaîne et de trame. Pour une belle popeline de coton, on utilise l'armure toile, le fil de trame passe une fois sur un fil de chaîne, une fois dessous, etc...  

Le tissu doit maintenant subir des transformations. On le blanchit, on lui donne sa teinte, on lui pose son impression et on termine par son apprêt, on parle alors d'ennoblissement, c'est tout ce qui donnera au tissu son aspect final. 

Certains tissus sont dits façonnés c'est à dire qu'ils présentent un décor tissé soit par des effets de chaîne, de trame ou par des armures différentes. C'est le cas du Damas qui est une étoffe à l'origine de soie, d'une seule couleur, tissée avec une armure satin et qui se caractérise par un contraste de brillance entre le fond et le dessin formé par le tissage. On trouve aussi dans cette catégorie les beaux noms d'étoffes comme les lampas (soie, fil d'or et d'argent) ou les brocarts (soie rehaussée de dessins brochés d'or et d'argent).

Qu'ils soient popeline, lin ou  Damas,  chaque tissu possède un grammage qui lui est propre, il correspond à son poids pour un mètre carré de tissu et constitue un indice important de sa qualité et de son comportement. Un tissu dont le poids est inférieur à 200 grammes au mètre carré est considéré comme un tissu léger. Au delà de 300 grammes au mètre carré, le tissu est considéré comme épais, son tombé sera plus lourd.

C'est à ce moment que l'on peut se rendre compte de la consistante du tissu c'est à dire la manière dont il se drape ou épouse votre corps. On parle alors de la main d'un tissu, elle est souple quand le tissu se plisse facilement et rigide ou dure quand il ne se plisse pas du tout.

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