Histoire des plantes tinctoriales : la garance des teinturiers

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De tout temps les hommes ont expérimenté les ressources de leur environnement et ces expérimentations ont désigné certaines plantes comme étant les meilleures pour la teinture textile. Avec ses couleurs vives et solides, la garance des teinturiers produisant la couleur rouge et l'indigo (qui fera l'objet d'un autre post) pour le bleu ont été cultivés, récoltés et acheminés vers les ateliers de teinturerie. 

La garance

L'histoire de l'exploitation de la garance commence en Avignon avec un arménien échappé des prisons turques. Jean Althen né entre 1709 ou 1712 on ne sait pas trop (pas fiable l'état civil à cette époque) trouve refuge à Marseille et décide de se lancer dans l'agriculture grâce aux connaissances acquises auprès des ottomans. Il mène ses premières expérimentations dans la région de Castres mais rien ne va comme il veut. Ruiné il revient en Provence, précisément en Avignon où il remarque une jolie plante sauvage dont l'armée turque faisait grande consommation. C'est une garance, il le sait, il en est sûr. Il recommence ses expérimentations et tire de cette plante une poudre colorante qu'il présente au marquis de Caumont. Ce dernier voit immédiatement l'intérêt industriel qu'il peut en tirer et prête à Althen des terres pour la culture en grand.

garance des teinturiers

L'aventure industrielle de la garance commence et le département du Vaucluse deviendra bientôt le premier producteur de garance en France et en Europe.

L'histoire personnelle d'Althen s'achève en 1774 mais celle de la garance continue. On améliore encore les techniques de purification de la poudre. L'alizarine, molécule colorante de la garance, est demandée pour les travaux les plus prestigieux tant ses couleurs sont durables et éclatantes.

Splendeur et décadence

Jusqu'ici tout va bien. Mais en 1868 deux chimistes allemands réussissent à synthétiser chimiquement l'alizarine pour un coût peu élevé (arrrghhh la course au bas coût) 

En 1839 le Vaucluse compte 50 moulins à garance et certaines années la production couvre 65% des demandes au niveau mondial.

C'est à partir des années 1860 que le déclin s'amorce. Les terres sont surexploitées, la qualité baisse et la synthèse de l'alizarine par les deux chimistes allemands pour la compte de BASF commence à produire son effet destructeur. 

De 3440 tonnes de garance, le Vaucluse n'en produit plus que 950 en 1877, les terres cultivées en garance sont réduites de 80% en une quinzaine d'années. 

Clap de fin sur l'histoire de la garance qui a fait la fortune du Vaucluse pendant 3/4 de siècle...

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