Le lotus, une fibre d'exception

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Dans un précédent article sur les plantes étonnantes avec lesquelles on tisse la fibre, j'évoquais l'utilisation du lotus de Birmanie avec lequel on fabrique désormais des vêtements pour les maisons de haute-couture de Paris à Milan. Lors d'un voyage dans ce pays du sud-est asiatique en 1999, j'ai eu l'occasion de voir comment on extrait la fibre du lotus et c'est cette expérience que je propose de vous raconter.

Tout commence sur le lac Inlé

Je vous le disais, c'était en 1999 au mois de février une saison particulièrement chaude. J'avais fait une halte sur le très beau lac Inlé encore sauvage et authentique où les Inthas ont une drôle de façon de manœuvrer leur barque à fond plat avec leurs pieds. Lors d'une balade sur le lac, mon guide s'arrête devant une jolie maison sur pilotis. 

Un grand-père qui s'occupe de sa petite fille m'accueille et m'offre à boire. Devant moi une de ses filles est en train d'extraire la fibre du lotus tout juste prélevé des eaux peu profondes du lac.

Photos prises par moi-même en 1999 et en argentique sur le lac Inlé. Birmanie

Il faut savoir qu'en Asie, le lotus est une fleur mythique. La légende raconte que Bouddha, tout juste né, se serait levé et en marchant aurait provoqué la naissance d'une fleur de lotus à chacun de ses pas. 

Avec la fibre de ces fleurs, les birmans fabriquent des robes destinées exclusivement à habiller les statues du Bouddha dans les monastères ou bien les moines de haut rang pour les cérémonies. 

Dans chaque maison birmane on place en offrande à Bouddha un petit carré de tissu de lotus car cette production est aussi confidentielle que chère, l'étoffe obtenue se situant entre la soi et le lin. Elle est douce et imperméable grâce à son origine aquatique.

Les hommes récoltent le lotus à la saison de la mousson. Les femmes se chargent ensuite de filer et de tisser. La fibre est extraite uniquement à la main, on coupe la tige en deux puis on la torsade pour en faire un fil. 

Il faut des milliers de tige et un an de travail pour la réalisation d'une robe de cérémonie. Heureusement le lotus a la capacité de se régénérer tout seul en produisant ses propres boutures. 

Une fibre d'avenir ?

A cette époque il était hors de question d'acheter un centimètre carré de ce tissu considéré comme un symbole religieux sacré. Ce savoir-faire ancestral voué à l'extinction a été relancé depuis quelques années, le lotus offrant même une alternative durable et innovante en remplacement du coton trop gourmand en eau ou des fibres à base de pétrole peu respectueuses de l'environnement.

Une entreprise innovante indienne basée à Jaipur s'en est emparée et fabrique des chemises blanches certifiées GOTS (le meilleur label bio à ce jour). Bien entendu on est loin de la fast fashion et les prix sont en conséquence. Si vous êtes intéressé, vous pouvez visiter leur site web en anglais à cette adresse.

Chez cotonlin, nous cherchons à privilégier le Tissu bio car nous pensons que l'on ne peut plus envisager l'avenir autrement. Vous trouverez une sélection de Tissu au mètre de chez Cloud9 et du Tissu coton au mètre de chez Monaluna qui a obtenu le label Tissu bio GOTS.