Petite et grande histoire des Indiennes

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Et si on partait en Inde, là où tout a commencé. A cette époque c'est à dire en plein 17 ème siècle, on importe d'Asie et particulièrement des comptoirs français des Indes, des tissus très colorés peints ou imprimés qui faisaient le bonheur des bourgeois et des grandes dames de la cour. On les appelait les "indiennes" et c'est cette histoire que je me propose de vous raconter. 

Le début de la mondialisation

En 1664 Colbert crée la Compagnie française pour le commerce des Indes orientales. Chaque année des dizaines de vaisseaux font la navette et ramènent des cinq comptoirs Yanaon, Karikal, Chandernagor, Mahé et Pondichery des étoffes gaies et colorées qui font la fortune de la communauté arménienne de Marseille, la première à importer ces toiles et à initier les artisans locaux à leur reproduction. 

indienne musée du textile wesserling

Ces indiennes plaisent tant que les entrepreneurs français prennent peur et demandent leur interdiction d'importation, interdiction décrétée par Louvois pour assurer la protection des manufactures françaises et notamment des soieries lyonnaises (ah le pouvoir des lobbys). 

L'édit du 26 octobre 1686 en prohibe définitivement le commerce et la fabrication. Mais il est déjà trop tard, l'engouement est tel que les artisans et négociants huguenots persécutés pour leur religion s'exilent en Suisse emportant avec eux leur savoir-faire. La filière s'organise, la technique se perfectionne et les toiles bon marché passées en contrebande envahissent les étals des marchands de France et d'Angleterre où elles sont interdites.

En 1759, Jean-Baptiste Colbert est mort et enterré depuis longtemps, les indiennes sont à nouveau légalisées. A la même époque la Suisse emploient plus de 2500 ouvriers dans cette industrie naissante.

Le début de l'ère industrielle

Les historiens s'accordent à dire que l'ère industrielle commence à cette période. Pour l'époque, la fabrication d'indiennes est un procédé complexe qui nécessite de multiples étapes, la première étant d'approvisionner les manufactures en coton brut cultivé dans le nouveau monde.

C'est précisément en cette année 1759 que débarque en France un jeune homme de 21 ans issu d'une famille de teinturiers du Wurtemberg (près de Strasbourg mais côté Allemand). Il a appris les techniques auprès de son père établi en Suisse et il saisit l'opportunité de créer à Jouy-en-Josas une manufacture d'indiennes. Les premières toiles sont imprimées en 1760, le succès est fulgurant. En 1770, il dépose le brevet d'une machine révolutionnaire permettant d'imprimer au rouleau, une évolution technique majeure qui va considérablement augmenter la production et faire définitivement entrer Christophe-Philippe Oberkampf (le créateur de l'entreprise et le nom d'une station de métro parisienne) dans l'ère de la mécanisation.

En 1783, il reçoit du roi Louis XVI le titre de manufacture royale pour sa toile de Jouy qui produit 30 000 pièces par an et mobilise 800 ouvriers.

Chez cotonlin, vente de tissus en ligne, les toiles dites indiennes en Popeline de coton sont représentées par les marques Art Gallery Fabrics, Makower, Cotton and Steel, Dashwood, 3wishes, Monulana Bio. Elles sont gaies et colorées comme leurs ainées, allez jeter un œil, vous y trouverez votre bonheur !