La mode, est-elle futile ou utile ?

La mode est-elle futile ou utile ?

Ce n'est pas encore l'heure de plancher sur les sujets du bac mais il n'y a pas d'heure pour se poser des questions et tâcher non pas d'y répondre de façon dogmatique mais de discuter un peu à la manière des philosophes autour d'un sujet controversé depuis quelques temps avec le retour en force des valeurs écologiques et durables. Alors la mode, futile ou utile ? (on se croirait dans un sketch de Madame Foresti).

La mode c'est quoi ?

Jean Cocteau disait "la mode, c'est ce qui se démode", ce à quoi Coco Chanel ajoutait "la mode se démode, le style jamais" et là il faut bien avouer que le point est pour Chanel parce qu'il n'y a pas qu'une mode mais des modes, en revanche le style c'est ce qui va au-delà de la mode et c'est bien ce qui rend chaque personne unique et particulière quelle que soit la mode adoptée. 

La mode c'est avant tout le reflet d'une époque, d'un pays, d'une culture. Ce qui est déterminé comme à la mode pour un groupe ou une population est différent pour un autre groupe ou une autre population et que dire des époques ! 

Car la mode est pour chaque individu une façon de s'affirmer, d'afficher son rang social, de montrer sa personnalité. Elle rassemble et rassure mais on peut aussi s'y adonner par conformisme pour ne pas se sentir rejeté.

Dès lors on peut se poser la question suivante, la mode n'a t-elle aucune autre utilité que celle du paraître ?

Histoire (très rapide) de la mode

Il est bien loin le temps où la mode n'existait pas. L'homme préhistorique cherche à se couvrir le corps pour ne pas mourir de froid ou se protéger des brûlures du soleil. Puis rapidement, le vêtement fonctionnel s'améliore. On le teint, on le coud on le personnalise toujours un peu plus sans doute dans le but d'être beau ou du moins de séduire.  

C'est à ce moment là que le costume devient un marqueur social. En France dès le Moyen-âge, la mode permet à la noblesse de se distinguer des classes populaires. La royauté institue des lois dites somptuaires qui vont régir entre autre la manière de se vêtir suivant l'appartenance au milieu social. 

C'est ainsi qu'entre les règnes de François Ier et d’Henri IV, onze édits sont promulgués et définissent quels tissus doivent être portés, quelles dentelles et broderies sont prohibées. Tout y est détaillé et défini comme la profondeur des décolletés ou la quantité de franges et de galons sur un vêtement. 

Mais ces lois sont peu suivies par la bonne société qui préfère payer des amendes plutôt que de se plier aux interdits. De fait, le concept de mode est né. Et c'est peu avant la Révolution qu'apparaît une presse spécialisée dans le vestimentaire (ah bon elle est si vieille que ça Anna Wintour ;-) présentant les tendances parisiennes aux lectrices provinciales et européennes. 

Au 19 ième siècle, le créateur Charles-Frédéric Worth, pionnier de la Haute Couture, fait défiler ses modèles portés par de vraies femmes dans des salons chics où se rassemblent une clientèle aisée... La suite vous la connaissez. 

Alors utile ou futile ?

On pourrait dire aussi frivole, superficielle mais ça serait un peu facile de considérer que la mode compte tenu de son histoire n'est pas un sujet sérieux. A l'heure où le monde doit faire face à de graves problèmes sociaux et environnementaux, reléguer le sujet mode dans l'angle de l'accessoire inutile serait malvenu car la mode est au cœur du débat pour demain.

Allez avouez que vous aussi vous avez succombé aux dictats de la fast-fashion, vous savez ces vêtements de qualité moyenne fabriqués à l'autre bout du monde par des gens qui n'ont pas d'autres choix et achetés à bas coût ici. Cette mode jetable produit 80 milliards de vêtements et en 2016 ça représentait l'équivalent du PIB de l'Inde. 

Pour produire toujours plus à petit prix, on fait l'impasse sur les conditions de travail des ouvriers avec pour conséquence l'effondrement du bâtiment le Rana Plaza au Bangladesh en 2013 causant la mort de 1135 ouvriers du textile, principalement des femmes. Et je vous épargne les pollutions diverses et variées. Vous voyez qu'on est loin du sujet futile.

Car la mode, au delà du chiffon, est un système complexe qui repose sur des données psychologiques, sociologiques et économiques considérables. Vous viendrait-il à l'idée de vouloir interdire la musique ? la littérature ? la peinture ? Et quand bien même elle est contestée dans sa version officielle par des mouvements comme le punk, le hippie ou le bohème, elle réinvente d'autres codes, d'autres normes. Contester la mode ne sert donc à rien.

Ce n'est donc pas la mode qu'il faut juger comme utile ou futile mais bien la façon dont elle est produite et consommée. On peut aimer la mode et ne pas se reconnaître dans son modèle économique industriel, on peut aimer la mode et ne pas se retrouver dans son choix artistique, on peut aimer la mode et décider de trouver "sa mode" car tout est affaire de style...

Toute aventure personnelle commence par un questionnement, une prise de conscience et on a le choix de décider pour soi-même ce que l'on veut privilégier : artisans, créateurs indépendants, marques responsables (je ne parle pas du green washing indécent que nous servent les multinationales) et bien entendu le plaisir du faire soi-même par la pratique de la couture. 

Chercher la durabilité au profit du jetable, l'éthique et non l'exploitation, le respect de la planète et non la pollution, acheter moins, choisir mieux, impliquent un changement d'état d'esprit qui aura un impact sur votre budget mais cela est un autre débat.

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